Menu.

Géométrie sacrée néolithique

MÉGALITHIQUE ATLANTIQUE

Plus de neuf cents kilomètres carrés



Le site mégalithique de Bretagne nord, datant du Néolithique, présente une structure géométrique qui établit les bases de l'Astrologie.

L'étude de Christophe de Cène

Cette découverte de Christophe de Cène révèle l'apparition de la mesure sur le vaste champ d'un ensemble de mégalithes. En outre, ce dispositif signe la naissance de l'astrologie.

L'étendue du site

On reconnaît la faculté de compter aux traces qu'elle laisse sur les murs des cavernes : ces signes sont des proto-chiffres posés par la main de l'homme. On reconnaît également l'apparition de la mesure à sa trame : une échelle. Christophe de Cène a identifié tout un dispositif géométrique sur une surface aux dimensions inattendues : le paysage mégalithique qui s'étend de Dol de Bretagne au Mont St Michel. Sa largeur dépasse les trente kilomètres. Les géomètres du Sacré y ont écrit leur savoir en dressant des pierres de plusieurs dizaines de tonnes avec une précision géographique incroyable, et elle défie le GPS sur une surface de neuf cents kilomètres carrés !

Des figures, des chiffres et du sens

Marges de précision

La précision des mesures, dûment vérifiée par Christophe de Cène sur des cartes IGN au 2500ème (raccordées entre elles!) évacue toute idée de hasard. Les marges de précision redoutables concernent les distances et les angles, en particulier l'angle nul  — principe de l'alignement.

Voir Mesures sur les cartes IGN


La première logique exposée par ce dispositif est celle des chiffres, de 1 à 6. La base 6

Les chiffres de 1 à 6

La première logique exposée par ce dispositif est celle des chiffres, de 1 à 6. Le Néolithique n'est pas une époque barbare qui attend d'être fécondée par l'écriture (puis adoubée par l'épée). Ce discours se déploie sur une page de neuf cents kilomètres carrés. Les seules conclusions qui manquent à ce dossier sont au domaine de ce qui n'est pas encore compris.

Ce paysage mégalithique procède d'une volonté. Il implique une capacité à la mesure doublée d'une logique des chiffres, qui sont attachés à des valeurs. Nous découvrons une Culture. Le proto-zodiaque fait référence au Soleil et à la Lune, et il réclame un proto-système de calcul. Il fait appel à l'addition de distances, et aussi leur division - nous allons le découvrir avec les angles. De plus, ces chiffres ne sont pas de simples quantités : ils cachent un sens symbolique, fruit d'une mûre réflexion sur la Nature et le Sacré. Ces correspondances peuvent paraître insolites à nombre de contemporains et pourtant, ces associations sont la sève de l'Ancien Monde. Ce courant n'a cessé de grandir jusqu'à son accomplissement par la Science (grâce à Kepler en la ville de Prague). L'Astrologie, comme la Géométrie et la logique des Nombres sont les composantes génétiques originelles de cette Symbolique. Leurs rapports complexes témoignent d'une ambition : l'Absolu.

Un raisonnement en base 6

La logique géométrique du six

Le quadrillage de quatre sur quatre trace les angles de la roue du zodiaque sur le cercle du même diamètre. Au terme de tant d'années de recherche, l'affinité du quadrillage et du Triangle Sacré (3-4-5) semblait acquise. Cependant, une figure typique de la Géométrie Sacrée, de celles que l'on peut tracer avec une corde à noeuds propose une ouverture. Le quadrillage de quatre sur quatre trace les angles de la roue du zodiaque sur le cercle du même diamètre. La démonstration de fait aisément par le théorème de Pythagore dès lors que l'on construit un rectangle de 1 sur √3. Si les Géomètres de l'époque n'avaient pas encore l'outil de l'Algèbre pour résoudre la Géométrie, on peut admettre que cette figure leur était accessible, et qu'ils avaient grâce à elle résolu la trisection de l'angle droit. En revanche, aucun quadrillage n'a pas été mis en évidence dans l'ensemble du dispositif du Mont-Saint-Michel. Cette pratique ne semble pas (encore) dans leurs moeurs.

Christophe de Cène cite Le Scouëzec et son analyse approfondie des 18 haches du dolmen de Gavrinis, réparties en quatre groupe de 3,4,5 et 6 unités (le produit 3x4x5x6 égale 360). 6 serait la base d’un système de numération dont les traces se perpétuent jusque dans la langue bretonne... La logique de ce six doit être abordée avec bon sens. Elle répond à celle qui l'a précédée, quand l'homme qui comptait sur les doigts d'une seule main a découvert les vertus de l'Empan. Un autre geste a suivi. Celui qui permet de compter au dessus de 5. Nous sommes abonnés à la base 10 et ne nous posons aucune question métaphysique à son propos. Mais imaginons que nous devions tout reprendre à partir de rien (c'est à dire même pas zéro !). Nos doigts nous donnent les 5 premiers éléments du lexique des chiffres. Au-delà de cette limite, comment peut-on traduire ce que l'on voit ?

Les sens précèdent la pensée

La première approche de l'homme n'est pas numérique au sens où nous l'avons appris à l'école, mais visuelle. Ce fait est fondamental. L'Homme des cavernes construit sa pensée avec ses yeux et ses mains. Prenons alors une image simple. Quand un naufragé solitaire compte les jours sur les murs de son exil, il retrouve instinctivement des réflexes ancestraux, alors que le signe égal n'était pas encore au centre de sa mécanique cognitive (et le zéro n'avait pas encore anobli les scores). Que fait le naufragé pour compter les jours : il trace les six bâtons verticaux de la semaine et les bare en travers au septième ! Sa base est sept, mais son procédé est parfaitement transposable à celui de la main qui respecterait une base 6. Cinq doigts font un fagot, et "un sixième" ferme la poignée.

L'Archéologue Genevieve von Petzinger a listé les signes paléolithiques des cavernes, et celui qu'elle désigne par "Dot" (= point, marquer avec des points) est l'un des plus répandus. Six points en un paquet de 4 et 2, dont l'un semble plus gros que tous les autres. Ces "six taches" sont beaucoup plus fréquentes que leurs homologues de 5 (cupule). Le six est parfaitement envisageable comme base de comptage primitive. Il ne répond pas seulement à l'intuition de plusieurs auteurs. Il est le résultat de nombreuses études, linguistiques et archéologiques... Il pourrait être la première tentative de l'homme à créer une base de calcul.
Les mesures des alignements mégalithiques se traduisent par un accord de musique de septième de dominante

Le 6 et la musique

L'astrologie n'est pas le seul domaine à raisonner en base six. La game musicale comporte également six tons. La corde de 6 du dispositif du Mont-Saint-Michel peut être lue comme suit, à partir du Mont-Saint-Michel : Fondamentale, Tierce, Septième mineure et Octave. Cet accord est Majeur mais il n'a pas de Quinte [Remarque]. La teinte nostalgique de la septième rabattue d'un demi-ton (dite mineure) est typique de la Musique Traditionnelle et du Bues/Jazz. L'accord est noté C7 si la tonalité est Do. Parallèlement, le 5 qui mène au menhir de la Butte double la 7ème mineure. Le rapport de 4 unités entre Tombelaine et le Mont Dol désigne, bien à part, une Sixième mineure. C'est une note interdite, improbable, douloureuse et inaudible ! La géométrie du site a pris soin de la mettre à part... Ce schéma des unités de 1 à 6 répond étrangement au concept platonicien de « Musique des Sphères »...
Remarque : Si "Menhir de la Quinte" il y avait, il se situerait entre la Zone Artisanale des Rollandières, la D87 et la N176 (colorisée E401). Tout porte à croire qu'il eût géné...

Les traditions Celtiques

Les traditions Celtiques , qui semblent avoir repris à leur compte les acquis des populations Atlantiques du mégalithique, ont élu pour chef des Dieux un certain Lug1. Est-ce une simple coïncidence s'il joue de la harpe, instrument à cordes ? Quelque corde qui servit aux grecs (Pythagore) à comprendre les rapports entre les notes et les nombres ? Cette idée n'aurait pas effleuré l'esprit d'une population capable de traîner des blocs de pierre de plusieurs centaines de tonnes et de construire une géométrie aussi sophistiquée avec ce même outil ? Une chose est sûre : les pierres restent alors que les notes se sont depuis longtemps envolées avec leurs Dieux !
Réf. 1 — Lug, Lugh, Luga, Lamhfada, Llew Llaw Gyffes, Lleu, Lugos, Samildanach, Lavada-au-bras-long (Irlande, Wales): Plus grand des dieux celtiques, il remplit toutes les fonctions. Il est l'union entre le ciel et la terre, la vie et la mort. Héros guerrier lié au Corbeau, il est le fils de Cian et d'Ethniu. Lugh est un charpentier, maçon, joueur de harpe magique, poète, druide et guérisseur. On lui dédie la fête de Lughnassadh.

Convergence ?

Est-on en face d'un phénomène de convergence, plusieurs domaines partageant une même logique ? Ou est-on dans la manifestation, l'affirmation de ce principe relatif à la Musique comme il se confirme vis à vis de l'Astrologie ? Ce dossier souligne la correspondance de plusieurs domaines, régis par des principes comparables (raison d'être de la symbolique). Au vu de leurs performances, cette idée était accessible à ces athlètes dresseurs de pierres.

Géométrie Mégalithique - Le Triangle d'Or

Si l'un des points ne figure pas sur la carte (peut-être la pierre a-t-elle tout simplement disparu), les angles exposés rendent ce Triangle d'Or explicite. Le premier d'entre eux réunit deux droites menant au Mont-Saint-Michel, l'une venant de la Cathédrale de Dol, l'autre du menhir de La Butte. Cet angle fait exactement, selon la carte IGN, 36°. C'est la pointe du Pentagramme, le sommet du Triangle d'Or.

.

Triangle orienté à 45°

Un deuxième angle appartient au même triangle : la bissectrice du premier angle est orientée à 45°, toujours avec une extrême précision. En clair, cet "accent circonflexe" est incliné à 45° ! Il est alors naturel de compléter la figure avec une droite N-W/S-E, à l'équerre de la première N-E/S-W (qui mène au Mont-Saint-Michel). Ce Triangle a par ailleurs une caractéristique intéressante : son grand coté fait cinq unités (selon l'échelle mise en évidence par Christophe de Cène). 5 pour Pentagramme, qui divise le cercle en cinq arcs égaux. 5, composante essentielle du Nombre d'Or (Phi=[1+√5]÷2).

Orientation du triangle d'or sur le plan.

Si les dresseurs de pierres ne savaient pas le calculer, manifestement ils étaient sur sa voie en construisant une figure qui comprend sa valeur. L'origine du Nombre d'Or est pratique avant tout. La révélation de ses fantastiques propriétés numériques n'interviendra qu'au second millénaire après Jésus-Christ...

Les grands voyages du « 5 »

Sur le terrain

Les carrières de granit sont rares dans la région, ce qui explique le peu de "documents mégalithiques" dont nous disposons. En cela chaque pierre a une importance. Deux menhirs de moindre hauteur que les précédents ne sont pas loin de la ligne qui part à 45° vers le Mont-Saint-Michel. Elle passe par Bonnemain, et aussi à l'ouest de Meillac (près de Combourg). Christophe de Cène les découvre dans son Banéat (1928), une référence :

Paul Banéat, Le Département d’Ille-et-Vilaine, Larcher, 1928,
Tome II, page 374., MEILLAC :
- Menhir renversé dans le champ du Grand Herbage, à 800 m. au nord-ouest du Bourg. Sa longueur est de 2 m. 70.
- [Route de Bonnemain, Le Bourgneuf] : A 50 m. au nord se voit un menhir en granit de 2 m. de hauteur.
(Source de Paul Banéat : Inventaire des Monuments Mégalithiques d’Ille-et-Vilaine, par P. Bézier, p.40).


La précision ne rejoint pas celle des précédents cas, mais la faible taille des menhirs peut être ici conçue comme un moindre soin porté à cet aspect. On ne peut les exclure de la catégorie des indices sans pour autant les revendiquer comme preuve face aux autres éléments du dispositif.

L'Égypte en question

Face à ce Triangle d'Or, il y a lieu d'envisager une relation avec l'Égypte, dans un sens ou dans l'autre. Les correspondances symboliques entre les deux Cultures se révèlent par exemple dans l'image du Roi Scorpion (vers 3200 ans avant J.C.), comme le souligne Christophe de Cène. La Civilisation Atlantique et celle de l'Égypte ont choisi le Taureau pour exprimer la vie... Et le même axe Taureau-Scorpion pour exprimer la Vie et la Mort. Le Scorpion s'imposera plus tard dans la symbolique astrologique occidentale, trahissant une origine égyptienne, mais on ne sait pas pour autant quel "mot" les mégalithiques utilisaient pour l'exprimer.

Le 5 au centre des échanges

Cette figure particulière du Triangle d'Or pourrait illustrer l'échange entre des Civilisations avec "le 5" pour argument. Il symbolise le dogme autant que l'Homme selon la Tradition, et intègre une suite avec le pentagramme et le nombre d'or. On peut rattacher également le polyèdre de Dürer. La circulation de ce type de Savoir se produit à toutes les époques, et l'on retrouve ainsi à Ispahan la pratique d'une céramique byzantine à la chutte de Constantinople.

Certaines recherches scientifiques se sont intéressées au Pentagramme dans sa réalité physique. Les célèbres "pavages de Penrose" furent même l'objet d'un brevet par ce Mathématicien d'Oxford, en 1974 (les pavages non-périodiques sont connus sous le nom de "quasicristaux"). En réalité, ces développements sont parfaitement connus des peintres au Moyen-Age. Une mosaïque de la Basilica di San Marco à Venezia, attribuée a Paolo Uccello, représente le petit dodécaèdre étoilé de Kepler-Poinsot.

Les mathématiciens de Harvard Lu et Steinhardt ont en effet identifié ce type d'organisation dans le carrelage des mosquées et des madrasas du Moyen-Orient et de l'Asie centrale. Ils précèdent les "découvertes" des mathématiciens occidentaux d'au moins cinq siècles. La mosquée iranienne Darb-i-imam à Ispahan en offre le parfait exemple, à la chute de Constantinople en 1453 !. Plus tard, Dürer développe une géométrie comparable dans ses esquisses, pentagones et losanges1, préfigurant le travail de Johannes Kepler2.

Réf. 1 — Luck R., « Dürer-Kepler-Penrose, the devlopment of pentagonal tilings », Mat. Sci. Eng. 294-6, 263-7, année 2000
Réf. 2 — Kepler, « Harmonices », année 1619


Une confrontation mérite d'être faite avec la Géométrie Égyptienne, née du "Solstice de Louxor". Cette « révélation du Soleil » est une droite qui a la particularité d'être la diagonale d'un double carré sur la table d'orientation. Sa mesure, dans le double carré (de 2 sur 1) n'est autre que √5. Cela annonce le Nombre d'Or, au croisement du cercle intime du triangle. Le mystère attaché aux irrationnels (dont fait partie cette √5) s'applique ainsi à l'Homme tout comme à ce vecteur privilégié qui porte la lumière : la bissectrice dorée du Triangle Sacré. Une symbolique naît de cette Géométrie comme sujet, et devient l'argument idéal pour la réflexion et l'échange. Aussi ne nous étonnons pas de découvrir des phénomènes d'influence e d'acculturation. Le présent chapitre porte à croire qu'il y a eu contact entre la Civilisation mégalithique et l'Égypte.

Ordre de conception du dispositif

Nous avons beaucoup échangé sur ce chapitre de l'ordre dans lequel ce dispositif avait été construit. J'ai demandé à Christophe de Cène de résumer ce que nous semblent les passages obligés de cette progression intellectuelle avant d'être physique :

« Le système mégalithique du Mont-Saint-Michel semble avoir été conçu d’abord pour rendre compte, physiquement et symboliquement, du parcours solaire dans les douze signes du zodiaque. Une autre préoccupation, géométrique et numérique celle-là, vient se greffer sur cette approche, avec notamment l’expression d’un système de numération en base 6, comme à Gavrinis (cf travaux de G. Le Scouëzec sur les 18 haches gravées du dolmen).

On peut s’interroger sur les étapes d’une telle construction. A l’évidence, les trois monts sont à l’origine du dispositif astronomique. Certes, la foi soulève des montagnes. Il nous a paru cependant plus sage de tabler sur une prise en compte, d’emblée, de l’axe Mont-Dol/Mont-Saint-Michel, expression naturelle du duo Taureau-Scorpion (printemps-automne). Le rocher de Tombelaine, jumeau inséparable du mont de l’archange, est aussi un repère naturel de premier ordre : au nord de son compagnon, il permet d’observer les changements des points de lever du Soleil avec une grande précision. Ainsi, le 21 juin, jour du solstice d’été, le Soleil se lève sur un axe faisant 38° avec l’est, tandis qu’il se lèvera avec 32° d’inclinaison un mois plus tôt ou plus tard (passage en Gémeaux ou en Lion). Au croisement de ces deux axes (38 et 32°) aboutissant au Mont-Saint-Michel et à Tombelaine, on trouve la Fontaine sacrée de Carfantin qui servira de point de référence (croisement de l’axe du feu et de l’axe de l’eau). Déjà, le zodiaque prend forme.

Incontournable aussi est l’axe des trois fontaines sacrées : Mont-Dol, Dol-de-Bretagne, Carfantin. C’est sur cet axe qu’on placera le menhir de La Butte en Combourg.

C’est là que des considérations numériques et géométriques prennent le relai. Les bâtisseurs du néolithique comprennent - il faut bien se rendre à cette évidence, vu l’extrême précision des alignements et des mesures - qu’on peut placer le menhir de la Butte, sur l’axe des fontaines sacrées, de telle sorte que si la distance Mont-Dol/Tombelaine vaut 4, la distance Mont-Saint-Michel/La Butte vaut 5, avec une singularité : l’angle La Butte/Mont-Saint-Michel/fontaine de Dol a pour valeur 36°, expression géométrique du pentagramme (et donc du 5). Ainsi va naître l’unité de mesure. Cette unique difficulté de conception passée, il suffit de construire l’allée couverte dans l’axe Carfantin/Mont-Saint-Michel à une distance de 6 unités (Tressé). La suite est évidente (si j’ose dire, vu la difficulté du transport des mégalithes !) : on pose la Pierre du Domaine et le menhir de Pierre Longue sur cet axe, à la bonne distance (1/6e, 2/3). Le menhir du Champ Dolent, quant à lui, garde la fontaine sacrée au centre du dispositif (et c’est là un cas fréquent en Bretagne). »

© Yvo Jacquier - Tous droits réservés.